Andoni Itturioz – Auteur compositeur interprète

Andoni Itturioz – Auteur compositeur interprète

C’est une amie, la chanteuse Lisa Portelli, qui m’a conduit vers Harmoniques. Elle travaillait avec Marie Giraud et lorsqu’elle m’en faisait le compte rendu, la pertinence frappait l’oreille. J’ai donc entrepris un coaching avec Marie. Elle a beaucoup apporté au travail scénique, puis à l’enregistrement. Je faisais alors de la scène depuis trois ans, avec des résultats très inégaux – tantôt la grâce, tantôt la catastrophe. Je voulais stabiliser, trouver les outils qui me donnent cette grâce (au lieu qu’elle me tombe dessus). Marie m’a fait travailler des focus, la concentration, la disponibilité… donc la justesse. L’objectif a été atteint en quelques mois. Et comme il faut digérer, stabiliser toute cette connaissance, je continue le travail.

J’ai ensuite suivi le stage intensif «L’interprète en scène», avec Monique de Saint-Ghislain pour le corps, Marie Giraud pour le sensoriel, Lydie Callier pour la scène. Auteur avant d’être interprète. Il y a eu un déclic avec chaque intervenante. Marie, c’était l’idée de l’adresse : à qui on dit est plus important que ce qu’on dit ; Monique, la reconquête de mon corps ; Lydie, l’exigence animale, admirable.

Dès la sortie du stage, en juin 2012, j’ai chanté – avec une jouissance telle, que j’ai dès lors tout fait pour la retrouver en moi. D’abord par une discipline du corps, puis par le coaching (avec Marie, qui est mon référent, mon repère) et enfin grâce à l’énergie nourrissante de Lydie, avec qui je travaille le sur un tour de chant.

Je n’ai jamais rencontré une formation aussi forte, aussi pertinente, tant pour acquérir plus de maîtrise en tant qu’interprète, que pour travailler aussi précisément dans les profondeurs de l’expression. J’ai trouvé bien plus que ce que je venais chercher. Par rapport à mes objectifs, mon appétit a grandi au fur et à mesure ; aujourd’hui j’ai une vraie boulimie de ce que propose Harmoniques !

Ce doit être dû à Jean-Francis Zermati. La pertinence de l’assemblage des intervenants, leur complémentarité, leur adéquation dépendent de celui qui a su les réunir. Il me fait penser à ces découvreurs de talents à l’ancienne, dans le monde du cabaret, et cela vaut aussi bien vis-à-vis des artistes que des coaches, ou de Wilfried à l’accueil, avec cette ambiance générale ouverte, généreuse, qui fait d’Harmoniques un vrai endroit de rencontre, y compris avec les autres artistes. Jean-Francis représente pour moi un véritable soutien. La pertinence que je vois dans son travail me vient en retour sur le mien.

Je suis leader de mon groupe. Mon travail consiste à être auteur, compositeur, interprète. Les musiciens m’accompagnent. Venant du jazz et de l’improvisation, ils ont une grande adaptabilité. Tout dépend de moi ; comme je suis aujourd’hui plus sûr, plus stable, plus posé, l’interprétation est aussi plus stable, les concerts sont moins douloureux, plus réguliers. Pour les musiciens, en résonance de cela, c’est émotionnellement moins difficile. Depuis ce travail, j’ai gagné des concours, ainsi Vive la Reprise. Les retours sont là, il y a une ampleur évidente, plus d’assurance, de pertinence. Ayant enlevé ce qui parasitait le contact entre l’identité artistique et le public, j’ai gagné en efficacité. Après, l’approche d’une carrière… je fais ce que je peux. Mon projet est par nature marginal, Harmoniques et moi sommes en concordance, nous ne nourrissons pas de fantasmes. «On s’est trouvés».

Tout artiste devrait passer par Harmoniques. J’ai une gratitude pour cette structure qui ramène aux vraies valeurs. Dans un monde où tout se vaut, où l’ersatz et l’original sont interchangeables, elle remet les valeurs à leur place. Elle recentre le travail sur l’essentiel : l’artistique – c’est donc un travail sur soi, initiatique. Le nom le dit clairement : il s’agit de résonance, à un niveau pointu et supérieur ; on est là au cœur de l’expression artistique. C’est une question d’intégrité. L’art n’est pas flou, il est au contraire précis, concret. Il suffit d’avoir la vision. Le subjectif à tout va engendre une perte de repères. La vision d’Harmoniques est un repère. Il en faudrait d’autres de cette force et de cette pertinence.

(Témoignage recueilli en octobre 2012 – album Je Rigole, automne 2012)

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